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Gérontophilia

Publié le par David

Avertissement : Les propos tenus dans cet article comporte parfois un langage vulgaire et peuvent heurter la sensibilité de certains individus.

Mais qu’est-ce donc ? Quelle est donc cette nouvelle lubie ? Une curiosité rare me direz-vous ? Je vous réponds : « Hummm pas si sûr…  et là je vous vois arriver gros comme une maison avec vos gros sabots, David prêche pour sa paroisse ! » (sourires).

Il est toujours un peu déstabilisant de constater bon gré mal gré certaines  attirances inédites et celle mentionnée dans ce film GÉRONTOPHILIA réalisé par Bruce LaBruce. Ce film relate l’attirance d’un jeune homme envers une personne beaucoup plus âgée, de l’âge de son grand-père ! Jake, âgé de 18 ans est embauché dans une maison de retraite pour l’été et tombe en amour d’un résidant âgé de 82 ans. Alors, plusieurs questions nous assaillent : Mais que s’est-il passé dans l’existence de ce jeune garçon pour qu’il soit attiré par un vieillard ? Est-ce une maladie, une déviance, une paraphilie (attirance ou pratique sexuelle qui diffère des actes traditionnellement considérés comme « normaux ») ? Est-ce du ressort de la médecine, de la psychiatrie ?

Évidemment,  féru de psychologie, psychiatrie, santé mentale et sexologie*, ancien élève de Bernard Arcand (frère de Denis Arcand, réalisateur oscarisé par Les invasions barbares, suite du Déclin de l'empire américain), célèbre anthropologue et ancien professeur Sexualités et Cultures à l'Université Laval ; je me questionne et j’apporte ici même quelques éléments de réflexion.

La médecine n’est pas une science exacte, pas plus que la santé mentale ! Saviez-vous que les symptômes de la dépression peuvent variés d’un pays à un autre et le plus souvent selon la culture. Aussi l’homosexualité a longtemps été considérée comme une maladie mentale que certains psychiatres et psychologues s’acharnaient à « soigner » à coups de décharges électriques dans les parties génitales et autres atrocités du même genre. Aujourd’hui, à l’heure du DSM 5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), on « s’invente » de nouvelles maladies. Il y a toujours un contexte culturel, une histoire à certains comportements, certaines attitudes. Il est intéressant de constater que certaines préférences sexuelles n’ont pas la même perception partout. L’ouverture à l’homosexualité n’est pas la même selon l'endroit où nous nous situons sur le globe, en Inde, en Iran ou en France. Le sadomasochisme est une pratique acceptée et populaire en Suède alors qu’au Japon, on fait la promotion d’une sexualité de plus en plus extrême et en marge d’une relation sexuelle traditionnelle.

Serait-on vraiment influencés par la culture à même notre chambre à coucher ? C’est très probable ! Pour preuve, dans le cadre d’un travail de recherche dans le cadre de mon deuxième cycle en santé mentale, j’avais relevé le témoignage du Docteur Roch Hurtubise, scientifique, professeur et chercheur à  l’Université de Sherbrooke qui relevait au sein de l’occident une promotion de l’homosexualité. Car aujourd’hui,  à quel Saint se vouer n'est-ce pas ? L’église a « foutu le camp » et sa moralité avec, on vit dans une société de plus en plus hypersexualisée où la majorité des tabous sont tombés et nous vivons une époque où l’homosexualité n’est plus à proprement dit un homme qui couche avec un homme, mais une personne qui s’implique à la fois affectivement et à la fois sexuellement avec une personne de même sexe ; en d’autres mots, une personne qui tombe amoureux d’une personne de même sexe (propos soulignés lors d'un récent stage de formation au sein du Ministère de la santé publique à Québec).

Pareillement, au regard de la pornographie, dans les années soixante (Selon les études d'Alfred Kinsey, William Masters & Virginia Johnson), la sodomie était une pratique d’avantage répandue au sein de la population homosexuelle alors que de nos jours, elle est d’avantage pratiquée au sein de la population hétérosexuelle. De même que la fellation, remonter 30 ans en arrière, elle n’était pas pratiquée par une majorité des femmes, la gente féminine était d'avantage divisée sur une pratique encore peu orthodoxe pour les moeurs et l'époque. Alors qu’aujourd’hui, vous pouvez passer pour anormale si vous ne sucez pas ! La pornographie gaie a souvent été « avant gardiste ». Il y a déjà de nombreuses années, on remarquait dans les films gais la pratique de l’analinctus... De nos jours, c’est monnaie courante dans la pornographie hétérosexuelle ! Oui ici et maintenant, bien des garçons ont conscience qu’ils peuvent avoir des orgasmes avec leur « trou de cul » et peu importe l’agitateur ou celui et celle qui manipulera la clé de cet orgasme par une langue, un doigt, un pénis ou tout autre gadget...

Il y a eu Arnold et Maud, il y a Céline et René et en 2014 Jake & M. Peabody ! Alors, ne soyons pas sévère dans notre jugement à l’égard de ce qui peut paraître « anormal » mais qui se passe bel et bien entre adultes consentants.  Car assurément, nos comportements sexuels se sont modifiés au gré des décennies et des cultures. Le cinéma , la télévision et aujourd’hui internet ont une réelle influence sur nos attitudes et nos préférences. L’ère est à la curiosité, à la découverte, aux plaisirs immédiats, ainsi qu’à l’amour avec parfois des relations inédites et en marges. Il n’est pas nécessaire de les adopter, ni même de les comprendre mais tout au moins de les respecter. Car vous-même, savez-vous pourquoi vous êtes hétérosexuels ou homosexuels ? Savez-vous pourquoi vous aimez les femmes plutôt sveltes ou un peu « grassettes », les brunes, les blondes, les plus jeunes ou les cougars ? Et pareillement, dans l’intimité, vous avez aussi vos préférences sexuelles, elles se sont forgées au fil du temps, au gré de vos partenaires, votre culture, vos appartenances, vos croyances et vos préjugés. Vos préférences demandent parfois qu’à être un peu plus exploitées et développées. Vous seriez parfois étonné de ce qui peut vous apporter du plaisir... (sourires)

Mon but ici-même n'est pas de porter un jugement, ni même de statuer, est-ce bien ou mal ? Je ne suis ni Dieu, ni prêtre ! Un jugement est toujours empreint de valeurs et croyances puisées à même notre éducation et notre culture. Par une certaine provocation, j'insuffle un raisonnement, une ouverture à la différence, une différence qui parfois nous fait si peur et vient bousculer nos « acquis » en matière de « beaux principes et nobles valeurs » !

 

 

*Je me prénomme David  et je possède un 3ème cycle en psychologie-médicale de la Faculté de Médecine Pierre et Marie-Curie, Université Paris 6 et d’un DESS (Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées) en santé mentale de l’UQÀM, j’ai aussi étudié au Certificat en sexualité humaine à la Faculté de Médecine de l’Université Laval.

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