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Sexualité et couple homosexuel

Publié le par David 大卫 Li

Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784)

Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784)

Pour vous introduire cet article, je citerai les paroles suivantes : 

Nous sommes des êtres de désir, pouvant être amenés à plaire ou à être séduits tout au long de sa vie, que l'on soit en couple ou célibataire.

En matière de sexualité, il y a ce que l'on sait, tout au moins ce que l'on croit savoir... Cette connaissance provient essentiellement de notre expérience (de nos expériences), de notre éducation (sexuelle, notre imaginaire, la pornographie) et par les confidences de nos pairs, nos intimes. Elle reflète rarement la réalité d'une population, d'une communauté. Il y a plusieurs nuances à distinguer :

  • . Chacun aborde la sexualité différemment selon l'époque, la culture dans laquelle nous sommes et notre propre individualité. 
  • . La sexualité n'est pas la même selon les âges de la vie. Les hormones sexuelles seront à leur paroxysme à l'adolescence chez le jeune garçon alors que chez le vieillard, la libido sera nettement moindre.
  • . N'étant pas tous égaux devant l'adversité, certains seront plus nantis en matière de sexualité (apparence physique, mensurations, estime et confiance en soi, habilités à séduire, à plaire etc.)
  • . La sexualité peut être altéré par la consommation d'alcool ou de drogues récréatives, l'âge, la maladie (dépression, hypertension, maladies pulmonaires, etc.), certains médicaments (anti-dépresseurs, chimiothérapies, etc.) et l'âge (la longévité) du couple. En effet, la sexualité sera assurément différente après 2 ans, 5 ans ou 10 ans de relation maritale. Passé la période passionnelle d'une durée moyenne de deux mois et exceptionnellement de deux ans pour les plus avantagés, immanquablement, la libido fluctuera au gré du stress et des épreuves de la vie à 2 ! Une fois que le tout nouveau, tout beau sera évaporé et deviendra un vague souvenir, place au prince déchu, descendu de son trône et réintronisé avec une multitude de défauts (sourires). Car après coup, il est bien question d'une réelle négociation pour se projeter dans une union pas mal moins idéalisée.
  • . La sexualité est souvent différente dans le cadre d'une relation affective comparée à une relation moins significative ou anonyme. Cette dernière est le plus souvent dénuée de tout jugement ou peur de décevoir, on essaiera pas de sauver les apparences, l'expression de ses fantasmes mêmes les plus inédits ont libre cours... C'est beaucoup moins vrai dans une relation amoureuse où l'on a plusieurs craintes comme celles de décevoir ou d'être jugé. D'autant plus que dans ce cadre, nous immisçons notre éducation, nos beaux principes d'exclusivité et de fidélité et à tort ou à raison notre culture judéo-chrétienne. Soyons honnête ! Il est plus facile de faire un trip à 5 ou pratiquer l'anulingus alors que nous sommes célibataire plutôt qu'en couple, n'est-ce pas ?

Maintenant, ce que les chiffres et les statistiques ne disent pas forcément :

  • . Les chiffres ne parlent aucunement des exceptions.
  • . Les statistiques ne mentionnent pas certaines ententes contractuelles tacites (couple ouvert, libre, polyamour ou invitant une tierce personneune panacée dans la population homosexuelle) ou l'infidélité grandissant dans la population hétérosexuelle.
  • . L'absence ou la présence récurrente ou sporadique de sexualité.

Je suis cynique mais ludique. On ne s'imagine pas ce qui se passe derrière toutes ces portes de chambres fermées et malgré les apparences, elles sont parfois, souvent, peu reluisante, surtout dans la longévité d'une relation. Car le défi serait d'être au top dans toutes les sphères de notre union, tout le temps ! Je relèverai deux propos, l'un d'un psychologue québécois notoire et l'autre de la sexologue et religieuse Marie Paul Ross (Je voudrai vous parler d'amour... et de sexe, 2011). Yvon Dallaire, psychologue, auteur et conférencier au Québec et en Europe francophone nous parlent que 80 % des couples hétérosexuels sont résignés ! Ils se sont confortés dans un rythme de vie, propriétaires fonciers avec de nombreux biens matériels. Ils peuvent être aussi des parents en charge de l'éducation de jeunes enfants. Toujours selon son observation, ils seraient uniquement 15 à 20 % de couples heureux à long terme. Quand à Marie Paul Ross, sexologue, elle distingue clairement deux dimensions importantes dans le couple. L'une est d'ordre sexuelle (la comptabilité sexuelle avec son partenaire), alors que l'autre concerne les affinités communes. Toujours selon elle, les deux dimensions doivent être obligatoirement présente pour vouer le couple au succès ad vitam aeternam !

Un cas clinique

Je reçois un jeune patient homosexuel. Il est préoccupé par sa relation actuelle et son fort désir de construire une relation à long terme. Il étaye plusieurs nobles valeurs qui lui sont chères. De toute évidence, il parait bien, il affiche réussite sociale, une belle apparence ainsi qu'une bonne éducation. Or, au cours de la consultation, subitement, il émet un bémol... Il exprime clairement sa désappréciation du membre phallique de son conjoint tout en prétextant que ses anciennes conquêtes étaient généreusement bien pourvus par les dieux. Cet entretien a mit en lumière un critère, une valeur jusqu'à lors ignorée par la bienséance. Cet exemple nous démontre que l'adaptation a ses limites et que nos meilleures intentions ne sauve pas toujours les meubles !

Je ne me targuerai pas ici d'avoir le Saint Graal ou la vérité mais j'ai le mérite de m'interroger et de chercher des données factuelles (cas cliniques, revue de littérature scientifique, séminaires universitaires, colloques, etc.) qui se rapprochent de vérités. C'est là mon objectif et ma motivation au sein d'études doctorales en psychologie, être critique et objectif, tel est mon postulat !

Et vous ! Comment se porte votre sexualité et votre couple ?